Le Groupe Raineau occupe une place singulière dans l’histoire récente des casinos français. Moins médiatisé que certains grands opérateurs nationaux, il s’inscrit pourtant dans une trajectoire longue, marquée par une origine familiale, des phases d’expansion ambitieuses et une présence internationale revendiquée. Son histoire mêle des éléments solidement documentés par la presse française et un récit corporate assumé, qui permet de retracer près de cinquante ans d’activité dans l’univers des jeux.
Selon la chronologie officielle du groupe, l’entreprise familiale est fondée en 1977 à Vendôme. Cette date constitue le point d’ancrage institutionnel de la marque Raineau. À partir de cette base, la famille développe progressivement une activité centrée sur les casinos, d’abord en France, puis à l’étranger.
1985–1991 : l’épisode fondateur du Lyon Vert
L’un des épisodes les mieux documentés de l’histoire du groupe concerne le rachat du casino de Charbonnières-les-Bains, futur Lyon Vert. La presse nationale confirme qu’Albert Raineau rachète l’établissement en 1985. Cette opération marque une étape stratégique : elle place la famille à la tête d’un casino important dans la région lyonnaise.
Le 10 mai 1988, l’établissement obtient l’autorisation d’exploiter des machines à sous, élément déterminant dans l’économie des casinos français. La même année, le casino prend le nom de « Le Lyon Vert », symbole d’un repositionnement et d’une modernisation de l’offre.
Toutefois, cette phase lyonnaise est de courte durée. La presse d’archives indique qu’en mai 1991, le casino est racheté par le Groupe Partouche. Cette cession marque la fin de la présence Raineau à Lyon, mais ne met pas un terme à l’activité du groupe dans le secteur des jeux. Au contraire, elle semble précéder une phase de redéploiement stratégique.
Années 1990–2000 : redéploiement en France et ouverture à l’international
Après l’épisode lyonnais, le Groupe Raineau poursuit son développement, à la fois en France et à l’étranger. Le groupe revendique une expansion internationale à partir du milieu des années 1990, avec des implantations successives en Argentine (1995), à Curaçao (1997), en Égypte (2000), au Chili (2006), en Équateur (2008) et au Costa Rica (2013). Ces dates proviennent du récit institutionnel du groupe et traduisent une volonté d’internationalisation ambitieuse.
En France, une étape importante est l’ouverture du Casino de Cavalaire-sur-Mer, que le groupe situe en 1996. Les mentions légales de l’établissement confirment l’existence d’une société d’exploitation identifiée sous le SIREN 391 583 291, attestant de la réalité juridique et opérationnelle du site. Cavalaire devient l’un des piliers du portefeuille français de la famille.
Un autre établissement significatif est le Casino de Noirétable, ouvert en 2005 et exploité par la famille Raineau jusqu’à sa cession fin 2022 au groupe Golden Palace. Cette période de près de dix-sept ans d’exploitation démontre un ancrage territorial durable dans la Loire. La vente marque un recentrage stratégique du groupe en France.
Le Casino de Beaulieu-sur-Mer, exploité via une société distincte identifiée par le SIREN 751 781 386, constitue un autre maillon du réseau français. Comme dans la majorité des casinos hexagonaux, l’activité s’inscrit dans un cadre de délégation encadré par les autorités publiques, ce qui impose une gouvernance structurée et conforme aux exigences réglementaires françaises.
2009 : les ambitions dans le jeu en ligne
Le groupe indique avoir obtenu en 2009 l’une des premières licences françaises pour le poker en ligne, dans le contexte d’ouverture progressive du marché numérique. Cette étape illustre une volonté d’anticiper les mutations technologiques du secteur. Même si l’activité en ligne n’a pas eu la même visibilité que les établissements terrestres, elle témoigne d’une stratégie de diversification au moment où le paysage réglementaire français évoluait fortement.
2019 : l’Impérial Club Paris et l’entrée dans les clubs de jeux
Une autre étape marquante est l’ouverture de l’Impérial Club Paris en 2019, dans le cadre spécifique des clubs de jeux parisiens, distincts juridiquement des casinos traditionnels. La presse mentionne explicitement l’implication de la famille Raineau dans ce projet situé dans le 13e arrondissement.
Cette implantation dans la capitale marque une tentative d’adaptation à un segment nouveau, plus urbain et concentré sur les jeux de table. Elle montre également la capacité du groupe à se positionner sur des formats différents, même si les clubs parisiens obéissent à une réglementation particulière et à un modèle économique distinct de celui des casinos en stations balnéaires ou thermales.
Un groupe familial entre continuité et recomposition
À la lecture des différentes sources disponibles, le Groupe Raineau apparaît comme une entreprise familiale ayant traversé plusieurs cycles. Son histoire commence officiellement en 1977, s’affirme avec le rachat du casino lyonnais en 1985, connaît une cession importante en 1991, puis se redéploie à travers des implantations françaises comme Cavalaire (1996) et Noirétable (2005–2022), tout en revendiquant une expansion internationale sur plusieurs continents.
La cession du casino de Noirétable fin 2022 illustre un mouvement de recomposition du portefeuille français. Parallèlement, la présence à Paris depuis 2019 via l’Impérial Club montre que la famille conserve une ambition dans l’univers des jeux réglementés en France.
Au total, l’histoire du Groupe Raineau se caractérise par une double dimension. D’un côté, une trajectoire familiale ancienne, solidement ancrée dans l’exploitation de casinos depuis les années 1980. De l’autre, une capacité d’adaptation, marquée par des ventes stratégiques, des développements internationaux et une diversification vers les clubs de jeux et le numérique. Cette combinaison explique la longévité d’un nom qui, sans être le plus médiatisé du secteur, reste associé à plusieurs établissements emblématiques du paysage des casinos français.
Pour aller plus loin : liste des casinos Raineau.



